J’entends de plus en plus régulièrement, de tous les côtés, une forme de justification aux décisions les plus impopulaires ou injustes : le “réalisme”.
La “real-politique”. Apanage de nos élites qui savent, elles, s’ancrer dans la réalité.
C’est très pratique, au final, le réalisme : ça coupe court à toute forme de discussion ou d’échange, d’argumentation. Parce que si vous êtes “réaliste”, votre contradicteur est, par définition, “utopiste” : un doux rêveur qui n’a pas les pieds sur terre, un Bisounours qui est certes, bien gentil, mais très dangereux pour la société car idéaliste.
Soyons donc réaliste : en France, on ne peut plus aider tout le monde, on ne peut plus nourrir tout le monde, on ne peut plus protéger tout le monde, on ne peut plus soigner tout le monde, on ne peut plus accueillir tout le monde. Il est réaliste que des gens meurent de faim, de froid, ne se soignent plus ou soient renvoyés par charter.
Si c’est ça, le réalisme, alors je n’en veux pas. Je veux du rêve, de la solidarité, du partage. Je veux payer plus d’impôts si des gens meurent de faim ou de froid dans mon pays. Parce que je me sens solidaire. Mon idéal, je ne veux pas le perdre de vue. C’est mon cap, et quitte à trébucher, je ne veux pas regarder mes pieds, mais au loin.











